16 août 2017 FIL ROUGE

Industrie textile : nos vêtements seraient-ils toxiques ?

Photo : AFP PHOTO/Mark RALSTON

Industrie textile : La toxicité de nos vêtements est un fait qui passe souvent inaperçu au contraire de la toxicité alimentaire. La toxicité alimentaire est considérée comme plus dangereuse puisqu’elle est directement introduite à l’intérieur de l’organisme qui est la zone physiologique la plus fragile pour l’être humain alors que la toxicité vestimentaire n’atteindrait que la peau, c’est-à-dire la partie extérieure de l’organisme qui offre tout de même une certaine résistance aux agressions.

S’il est admis que seulement 2.5% des terres cultivables dans le monde sont imparties à la culture du coton, il n’en reste pas moins que cette culture concentre à elle seule 25% de la totalité des pesticides utilisés dans le monde.

De plus, les autres tissus qui ne proviennent pas du coton sont eux aussi affectés par cette toxicité. L’ industrie textile utilise un nombre faramineux de produits chimiques variés à de nombreuses étapes de la chaîne de production textile de telle sorte que les tissus synthétique et naturels sont imprégnés par des substances chimiques telles que le formaldéhyde, les alkylphénols, les ph talâtes, les métaux lourds, les nonylphénols, les éthoxylates et bien d’autres encore… Toutes ces substances sont donc incorporées à nos vêtements usuels.

L’industrie du textile utilise ces produits chimiques dans les phases de transformation et de coloration du textile et ils sont des agents nécessaires à ces opérations dont on ne peut éviter l’emploi. Pour le lavage et la teinture du textile, on utilise les alkylphénols, des substances perfluorées sont utilisées pour imperméabiliser les vêtements, le formaldéhyde est utilisé pour lisser les tissus et le chrome exavalent, qui est pourtant une substance cancérigène, est utilisé pour le tannage du cuir. Ces produits sont nocifs pour les êtres vivants et pour l’environnement et ils restent la plus part du temps actifs tout au long de l’existence du vêtement, c’est-à-dire lors de sa production, lors de son utilisation par le consommateur et lors même de sa destruction.

La toxicité textile représente un danger véritable pour les êtres vivants et leur environnement.

Si l’usage de ces produits chimiques était seulement ponctuel, leur toxicité pourrait être neutralisée par la nature au bout d’un certain temps mais l’usage de ces produits est continu et l’environnement accumule ainsi une dose importante de produits toxique. L’environnement devient alors le vecteur d’une pollution toxique qui peut compromettre la santé des êtres vivants et particulièrement celle de l’homme. Une réglementation a été votée par le parlement européen afin de contrôler et de limiter le niveau de la toxicité chimique à laquelle la population pourrait être exposée.

Certains produits s’avèrent en effet particulièrement toxiques. C’est notamment le cas des éthoxylates de nonyphénol qu’on utilisait auparavant pour augmenter la résistance des tissus à l’eau et dont l’utilisation a finalement été interdite à cause de leur haute toxicité.

Le développement et l’application d’une règlementation visant à contrôler et à réduire la toxicité des produits chimiques utilisés dans l’ industrie textile sont freinés par l’essor et l’influence des imposantes entités de production dans l’ industrie textile qui s’opposent à ces réglementations.

Ces substances chimiques font preuve d’une grande résistance et d’une grande ténacité depuis le moment où elles sont incorporées au textile jusqu’au moment de sa destruction en déchèterie voire même après cette destruction. Elles se répandent ainsi de manière continue dans l’environnement et sur toute la surface de la terre en fonction seulement de leur durée d’existence propre indépendamment de la durée d’existence du textile dans lequel elles étaient intégrées.

Comme illustration de ce processus de pollution de l’environnement causée par l’industrie du textile, on pourrait prendre l’exemple des microfibres synthétiques qui se dégradent très lentement. Parmi les microfibres synthétiques figurent les fibres micro plastiques qui polluent la flore à tel point qu’elles finissent par s’introduire dans la chaîne alimentaire car elles sont à un moment donné consommées par la faune dans quasiment tous les écosystèmes du monde entier.

Pire encore, ces substances chimiques ne peuvent pas être digérées complètement par la faune qui les rejette alors à nouveau dans l’écosystème où elles resteront actives pendant encore un certain nombre d’années.

De plus, la production de l’ industrie textile ne cesse d’augmenter dans le monde si bien que la création de textiles synthétiques tels que le polyester par exemple est croissante ainsi que l’usage des produits toxiques liés à cette activité. Par conséquent, la diffusion de ces produits dans l’environnement s’en trouve toujours plus importante.

La toxicité de ces substances chimiques sur la peau lors du port des vêtements se traduit par l’apparition d’allergies cutanées légères ou par la dermatite pour les affections les plus bégnines et par des allergies plus compliquées favorisées par une sensibilité accrue à des agents chimiques multiples dans le cas d’affections plus lourdes.

Peut-on diminuer l’usage des substances toxiques dans l’ industrie textile ?

Quelques entreprises ont pris l’engagement de cesser d’utiliser certains produits chimiques dans leur chaîne de production mais elles maintiennent aussi l’utilisation d’un certain nombre d’autres produits chimiques toxiques au sujet desquels elles n’ont pris aucun engagement quant à la diminution de leur utilisation.

Pour information, des teintes foncées sont souvent mises au point grâce à l’emploi de produits chimiques toxiques tels que les métaux lourds. Réciproquement, les vêtements non teints indiquent une absence de métaux lourds. Le plus sûr pour le consommateur qui est exigeant qui veut absolument éviter de porter des vêtements contaminés par des produits chimiques toxiques consiste à se procurer des vêtements de qualité biologiques affublés du label « Bio ».

Il n’existe pas actuellement de certification qui signale la quantité de produits chimiques toxiques présents dans les vêtements mais il existe des certifications qui signalent le caractère durable et donc éthique qui a prévalu à la fabrication des vêtements tels que « GOTS », « Textile Exchange » ou « Blue Sign ».

Pour diminuer l’usage des substances toxiques dans l’industrie du textile, il faut modifier progressivement les procès de production du prêt-à-porter et réaliser des campagnes d’information pour dénoncer l’aspect nocif de ces substances  sur l’environnement et sur la santé des populations afin que les consommateurs changent leurs habitudes dans leur consommation.

Il faudrait aussi, plus idéalement, réduire la quantité des productions textiles pour les réajuster aux besoins réels des consommateurs, ce qui aurait pour conséquence d’une part, de diminuer l’utilisation des substances toxiques employées par l’ industrie textile et d’autre part, de diminuer leur propagation dans l’environnement afin de protéger les populations.

La réduction de la quantité des productions textiles s’inscrit dans un projet écologique global et fondamental et elle aurait pour conséquences de préserver le niveau des ressources naturelles, de restreindre les émissions de gaz à effet de serre, de diminuer la pollution chimique en général ainsi que le nombre des déchets.

Photo : AFP PHOTO/Mark RALSTON


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