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La mode est un sujet sérieux qui intéresse la philosophie

18 décembre 2017
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18 décembre 2017 FIL ROUGE

La mode est un sujet sérieux qui intéresse la philosophie

Un sujet profondément philosophique

La mode est un sujet sérieux qui possède réellement une dimension philosophique. La mode est un sujet de réflexions pour un certain nombre d’auteurs d’ouvrages philosophiques. On se rappellera à cet effet l’étude sur la mode de G. Simmel justement intitulé « Philosophie de la mode ». Cette étude fait encore référence actuellement.

On pourrait aussi citer L’historienne des idées Françoise Gaillard qui a rédigé un ouvrage sur la mode. L’ouvrage s’intitule « Le musée de la mode » et définit la mode comme un phénomène dont l’essence est la nouveauté. Il y a encore la philosophe Véronique Bergen qui a publié « Le corps glorieux de la top model ». Cette auteure soutient l’idée que les préjugés dévalorisants dont la mode est victime expliquent que les philosophes hésitent parfois à traiter ce sujet.

Cet intérêt de la philosophie pour la mode est assez significatif et se traduit même par des conférences sur ce thème. C’était notamment le cas d’une journée de conférences lors du colloque Pop Philosophie qui s’était tenu à Marseille en 2014.

Un balayage du champ philosophique de l’être et du paraître

La mode se situe dans la problématique philosophique de l’être et du paraître. La mode renvoie à l’interrogation qui porte sur la manière de se percevoir soi-même et la manière d’apparaitre aux autres. Les critères du choix vestimentaire sont donc implicitement liés à cette problématique philosophique.

Marie-Aude Baronian se demande avec beaucoup de profondeur si on a un vêtement ou bien si l’on est un vêtement. Avoir un vêtement signifie que celui-ci demeure superficiel et que c’est celui qui le porte qui est réel. Etre un vêtement signifie au contraire que c’est le vêtement qui est réel et que c’est celui qui le porte qui est superficiel.

La mode comme libération et comme contrainte pour le corps

La mode renvoie directement au corps. La question porte sur la dynamique entre la mode et le corps. La mode est-elle une libération du corps ou bien est-elle une contrainte pour le corps ? La réponse la plus mesurée serait que la mode est simultanément une libération et une contrainte pour le corps. On pourrait prendre ici l’exemple du corset. On peut dire que le corset est une libération pour le corps dans la mesure où il permet de le mettre en valeur. Le corset permet en effet de rendre explicites les formes féminines. Mais le corset est aussi une contrainte pour le corps dans la mesure où il l’enserre excessivement.

Il est vrai qu’aujourd’hui le corset n’existe plus mais il existe d’autres artifices de la mode que l’on peut appréhender comme libérateurs et contraignants. Cela serait par exemple le cas des talons aiguilles. Ce pourrait être encore le cas de jupes qui sont de plus ne plus courtes. Cet effet libérateur et contraignant de la mode sur le corps montre qu’il n’est pas seulement physique. Car cela montre que le corps possède aussi un aspect social.

La mode et la problématique du soi et de l’autre

Une autre problématique philosophique caractéristique de la mode est celle du rapport entre soi et les autres. Selon Marie Aude Baronian, l’analyse de la mode montre que l’homme est un être mimétique. C’est-à-dire que l’homme imite le comportement vestimentaire (et non vestimentaire) des autres. Pour Françoise Gaillard, la mode permet de soumettre l’individu à la société.

Cependant, cette soumission est compatible avec la différenciation individuelle. C’est d’ailleurs grâce à cette compatibilité que l’individu accepte de suivre la mode. Cela signifie qu’il est possible d’être à la mode tout en construisant et en affirmant son style personnel. La mode permet ainsi de relier l’individu à la société mais en lui permettant de s’en distinguer.

La temporalité particulière de la mode

La mode possède un rapport au temps qui est particulier, d’après le philosophe Francesco Masci. Dans la mode, le temps n’est pas linéaire. La mode se fait et se défait selon un procédé temporel cyclique.
« C’est comme si chaque événement contenait en soi une promesse vouée à l’échec, mais avec cette idée que c’est l’échec même qui relance les événements, leur donne une filiation. Dans la mode, la déception est déjà inscrite dans le vêtement. La mode est mort-née ».

Conclusion

La mode est un sujet sérieux. La mode soulève des problématiques profondément ancrées dans la philosophie. Il est regrettable que la portée philosophique de la mode soit souvent négligée. Ce sont en effet les aspects les plus superficiels de la mode qui dominent la réputation de celle-ci.


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